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Le décrochage scolaire en France ; un défi collectif à notre portée

 

📌 Chiffres et statistiques clés sur le décrochage scolaire des élèves en France

⚪️ En 2023, à 17 ans, 7,1 % des jeunes ne sont déjà plus scolarisés.

⚪️ 9,5 % des jeunes hommes sont en décrochage contre 5,6 % des jeunes femmes en 2023. 

⚪️ En 2023, il était estimé qu'environ 110 000 jeunes quittaient encore chaque année le système scolaire sans diplôme.

⚪️ 21 % des lycéens présentaient un risque élevé de décrochage en 2025.

⚪️ Un élève décrocheur représente un coût pour la collectivité pouvant atteindre environ 340 000 € au cours de sa vie, en tenant compte des pertes de recettes fiscales, des dépenses sociales et du manque à gagner économique. 

 

Chaque année en France, des milliers de jeunes quittent le système éducatif sans diplôme. Derrière ce chiffre se cachent des réalités multiples : disparités de genre, inégalités sociales persistantes, fractures territoriales et baisse de la motivation scolaire. Si le taux de décrochage a reculé depuis quinze ans, le phénomène reste structurel et continue d’interroger l’efficacité de notre système éducatif. Quels sont les chiffres clés ? Pourquoi les garçons décrochent-ils davantage ? Quels territoires sont les plus touchés ? Et surtout, quelles solutions existent, des réformes pédagogiques aux cours particuliers, pour enrayer durablement cette dynamique ? Cette analyse vous donne les clés pour comprendre.

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1. Où en est réellement la France face au décrochage scolaire ?

Avant d’analyser les disparités de genre ou les trajectoires individuelles, il est essentiel de situer le décrochage scolaire dans son contexte national et européen. Les chiffres récents permettent de mesurer les progrès accomplis, mais aussi les défis persistants.

Chez les groupes les plus jeunes, en 2023, une étude de l’INSEE révélait que la déscolarisation commençait dès l’âge de 13 ans ; 99,7 % des élèves étaient ainsi scolarisés, et 0,3 % commençaient à décrocher. Le phénomène s’aggrave ensuite au cours des années et on pouvait observer qu’à 15 ans, 98,3 % des élèves étaient déscolarisés, à 16 ans 95,4 % et à 18 ans 78,6 %.

7,6 % de sorties précoces chez les 18–24 ans

Selon l’INSEE, 7,6 % des jeunes de 18 à 24 ans en France sont en situation de “sorties précoces”, c’est-à-dire qu’ils ont quitté le système éducatif sans diplôme du second cycle et ne suivent ni études ni formation. Chez les femmes de cette tranche d’âge, cela représentait 5,6 % et chez les homme, ce taux était de 9,5 %.

Ce taux de 7,6 % place la France sous le seuil objectif fixé par l’Union Européenne, qui visait à maintenir le décrochage à 9 % d’ici 2030. Sur ce point, l’objectif a été atteint. Mais dans les faits cette performance doit être nuancée.

Une amélioration réelle… mais fragile

Le taux du décrochage scolaire était de 11,2 % en 2006, mais ce dernier a connu des améliorations au cours des années et se trouvait à 7,6 % en 2023. En presque 2 ans, il a donc diminué de presque 4 points. Cette évolution témoigne de l’impact des politiques de persévérance scolaire et des dispositifs de repérage mis en place au niveau académique.

Pour autant, l’Union Européenne a relevé ses ambitions : la nouvelle cible fixée pour 2030 est de 9 % au maximum pour l’ensemble des États membres. La France se situe aujourd’hui en dessous de ce seuil, mais la marge reste étroite et les disparités internes demeurent importantes.

Un indicateur clé de performance éducative

Le taux de sorties précoces n’est pas un simple indicateur statistique. Il constitue l’un des principaux critères d’évaluation des systèmes éducatifs au niveau européen. Il reflète :

  • la capacité à maintenir les élèves dans un parcours qualifiant,
  • l’efficacité des politiques de prévention,
  • la qualité de l’accompagnement proposé aux élèves les plus fragiles.

Les académies ont d’ailleurs structuré des dispositifs spécifiques de lutte contre le décrochage et de persévérance scolaire, notamment à travers des cellules de repérage, de suivi et de coordination territoriale.

Si la France a progressé, le maintien d’un taux à 7,6 % signifie qu’environ un jeune sur treize quitte encore chaque année le système éducatif sans diplôme du second cycle. Autrement dit, le phénomène reste structurel.

La question n’est donc plus seulement de savoir si la France respecte les objectifs européens, mais comment réduire durablement les écarts internes qui persistent, notamment selon le genre et l’origine sociale.

une jeune fille en classe de physique ennuyee et en decrochage scolaire

2. Les disparités de genre : des trajectoires scolaires différentes

Si le décrochage scolaire est un phénomène structurel, il ne touche pas les filles et les garçons de la même manière. Les données nationales mettent en évidence un écart persistant entre les trajectoires selon le genre.

9,2 % des jeunes hommes contre 6 % des jeunes femmes sont en décrochage scolaire

Selon l’INSEE, en 2023, 9,5 % des hommes âgés de 18 à 24 ans sont en situation de sorties précoces, contre 5,6 % des femmes du même âge. Ce sont de bonnes nouvelles sachant qu’en 2006, le taux de sortie précoce était de 12,9 % pour les hommes, et de 9,6 % pour le femmes. Les sorties précoces ont donc baissé d’environ 3 points de pourcentage chez les hommes et d’un impressionnant 7 points (environ) de pourcentage pour les filles au cours des 20 dernières années.

Bien que l’on peut observer une progression dans la réduction du décrochage scolaire chez les hommes et les femmes, cet écart de plus de 4 points de pourcentage en 2023 confirme une tendance observée depuis plusieurs années : les jeunes hommes sont plus exposés à la rupture scolaire que les jeunes femmes.

Cette tendance est notable dans le tableau ci-dessous, où l’on peut observer que les femmes ont toujors eu une moyenne de taux de décrochage inférieur à celui des hommes :

 

Sorties précoces du système scolaire des 18-24 ans selon le sexe en France

Année

Hommes

(en %)

Femmes

(en %)

Ensemble France

(en %)

2006

12,9

9,6

11,2

2007

13,5

9,3

11,3

2008

12,2

8,8

10,5

2009

12,9

9,1

11

2010

13,6

9

11,3

2011

12,6

9,2

10,9

2012

12,2

8,9

10,5

2013

10,8

8,7

9,8

2014

12,2

8,9

10,5

2015

10,1

8,4

9,2

2016

10

7,5

8,8

2017

10,4

7,1

8,8

2018

10,6

6,8

8,7

2019

9,6

6,9

8,2

2020

9,7

6,3

8

2021

9,6

6,1

7,8

2022

9,2

6

7,6

2023

9,5

5,6

7,6

*Source : l’INSEE, « Sorties précoces du système scolaire en % des 18-24 ans selon le sexe en France », de 2006-2023.

 

Un rapport différencié à l’école

Les analyses du CNESCO montrent que le décrochage ne s’explique pas uniquement par les résultats scolaires. Il est également lié à des dimensions plus larges. En voici quelques-unes :

  • le rapport au cadre scolaire,
  • le niveau d’engagement en classe,
  • le sentiment d’appartenance à l’établissement,
  • la projection dans un parcours d’études.

Les garçons présentent plus fréquemment des formes de désengagement précoce, qui peuvent se traduire par des retards répétés, une moindre implication ou une rupture progressive avec les exigences scolaires.

Ces écarts ne traduisent pas une différence de capacité, mais des trajectoires sociales et éducatives distinctes. Ils mettent en évidence que le décrochage scolaire est un phénomène différencié, qui varie selon les profils et les contextes.

D’après une étude menée par la DEPP, « Pourquoi les filles décrochent-elles? », en 2018, auprès d’un groupe de 2 945 jeunes en situation de décrochage en France, voici les principaux motifs de décrochages observés :

 

Motifs de décrochage scolaire selon le genre (en %)

Rang

Motif

Ensemble (%)

Filles (%)

Garçons (%)

1

Je voulais avoir une activité professionnelle

68,1

64,7

70,4

2

J’en avais marre de l’école

66

62,7

68,3

3

Je voulais gagner de l’argent

59,2

54,1

62,8

4

J’avais l’impression de perdre mon temps à l’école

50,7

48,3

52,5

5

Les cours étaient inintéressants

37,5

34,6

39,5

6

Je ne voyais pas l’utilité de ce que j’apprenais à l’école

33,7

30,3

36,1

7

Les méthodes d’enseignement utilisées par les professeurs ne me convenaient pas

33,4

33,1

33,5

8

J’avais peur d’échouer

33,3

41,9

27,3

9

J’avais beaucoup de problèmes personnels

33,1

40,7

27,7

10

Je n’ai pas obtenu la formation que je souhaitais suivre

29,8

31,1

28,9

11

Je ne m’entendais pas avec les professeurs

23,9

21,9

25,4

12

Le travail demandé par les enseignants était trop difficile

23

26,5

20,5

13

Les professeurs étaient injustes envers moi

18,5

17,2

19,5

14

La formation que je suivais ne m’offrait pas de débouchés professionnels

17

18,3

16,1

15

Mon lieu d’études (ou de formation) était trop éloigné de mon domicile

15,1

16,6

14

16

Les autres élèves ne m’aidaient pas dans mon travail scolaire

14,1

15,3

13,3

17

J’ai été malade / J’ai eu un accident / J’attendais un enfant

13,4

18,3

9,9

18

Je ne m’entendais pas avec les autres élèves

13,4

18

10,1

19

Personne ne m’aidait à faire mes devoirs

13,1

14,2

12,3

20

Mon entourage ne montrait pas d’intérêt pour mes études

11,7

13

10,9

21

Je ne me sentais pas en sécurité dans mon dernier établissement

8,2

11,4

5,9

22

J’ai été exclu de ma dernière formation

7,1

4,4

9,1

23

Mes études (ou ma formation) coûtaient trop cher

4,8

5,8

4,1

*Source : DEPP, données extraites du tableau « Motifs de décrochage scolaire selon le genre (en %) », dans l’étude intitulée « Pourquoi les filles décrochent-elles? », paru en 2018.

 

Les 6 causes principales ayant poussé ces jeunes (chez les filles et les garçons) à interrompre leur parcours scolaire sont :

  • Pour 68,1 % ; le désir d’exercer une activité professionnelle,
  • Pour 66 % ; un désengagement et refus total de l’école,
  • Pour 59,2 % ; l’envie de générer des revenus,
  • Pour 50,7 % ; l’impression de perdre leurs temps à l’école,
  • Pour 37,5 % ; un manque d’intérêt pour les matières enseignées à l’école,
  • Pour 33,7 % ; la sensation que leur parcours scolaire ne leur soit pas utile,

Les 5 principales raisons du décrochage scolaire chez les filles

Chez les filles, le décrochage apparaît davantage lié à une internalisation des difficultés qu’à un rejet frontal de l’école. Les motifs les plus marquants sont : la volonté d’avoir une activité professionnelle (64,7 %), le ras-le-bol scolaire (62,7 %), le souhait de gagner de l’argent (54,1 %), la peur d’échouer (41,9 %) et les problèmes personnels (40,7 %).

Ces chiffres révèlent un décrochage plus « discret » : les filles restent globalement plus conformes aux attentes scolaires, mais doutent davantage de leurs capacités et s’attribuent plus souvent la responsabilité de leurs difficultés. La forte présence de la peur de l’échec scolaire et des problèmes personnels suggère un rapport plus anxieux à la réussite. Leur départ semble moins marqué par l’opposition que par une fragilisation progressive, souvent silencieuse.

Les 5 principales raisons du décrochage scolaire chez les garçons

Chez les garçons, les motifs traduisent plus souvent une rupture explicite avec l’institution scolaire. Les principales raisons sont : vouloir exercer une activité professionnelle (70,4 %), en avoir marre de l’école (68,3 %), vouloir gagner de l’argent (62,8 %), avoir l’impression de perdre son temps (52,5 %) et juger les cours inintéressants (39,5 %).

Ces données mettent en évidence un rapport plus critique au cadre scolaire et aux apprentissages. Le sentiment d’inutilité des cours et la recherche d’une insertion rapide sur le marché du travail traduisent une projection hors de l’école plutôt qu’une difficulté strictement académique. Le décrochage masculin semble ainsi davantage associé à un désengagement visible et à une remise en question de la légitimité du système scolaire.

une jeune fille demotivee sur son bureau chez elle

3. Le décrochage scolaire dans un contexte d’inégalités éducatives en France

D’après les données publiées par l’INSEE en 2023, dans une étude sur le taux de scolarisation, à 17 ans, 7,1 % des jeunes ne sont déjà plus scolarisés, contre 92,9 % qui le sont, sur tout le territoire français. Mais cette moyenne nationale masque des écarts importants selon les territoires et les contextes socio-économiques. En France, le décrochage scolaire ne peut être analysé isolément. Il s’inscrit dans un ensemble plus large d’inégalités éducatives qui structurent les trajectoires scolaires dès les premières années.

Des écarts territoriaux marqués

Les données de l’INSEE montrent que le décrochage est fortement territorialisé. Certaines zones concentrent plus de jeunes sortis précocement du système éducatif que d’autres.

Ce phénomène est “très localisé” dans certaines zones, où les facteurs sociaux, économiques et scolaires se cumulent. Le décrochage apparaît alors comme un indicateur révélateur de fragilités structurelles plus larges.

En France, le risque de décrochage est particulièrement important dans plusieurs intercommunalités situées à l’est des Pays de la Loire. En voici une liste de 20 de ces territoires dans le tableau ci-dessous.

 

Nombre de décrocheurs de 14 à 24 ans dans les intercommunalités des Pays de la Loire en 2019

Rang

Libellé intercommunalité

Nombre de décrocheurs

Part de décrocheurs (en %)

1

Nantes Métropole

5 110

4,7

2

Angers Loire Métropole

2 790

5,1

3

Le Mans Métropole

2 380

7,8

4

Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE)

1 390

8,7

5

Saumur en Val de Loire

1 230

10,5

6

Choletais

900

7

7

Laval Agglomération

880

5,5

8

La Roche-sur-Yon Agglomération

780

5,4

9

Mauges Communauté

770

5,7

10

Alençon

650

8,5

11

Redon Agglomération

470

6,3

12

Châteaubriant-Derval

460

8,8

13

Pays d'Ancenis

440

5,5

14

Sud Vendée Littoral

410

7,4

15

Anjou Bleu Communauté

360

8,6

16

Challans-Gois Communauté

360

7,2

17

Sablé-sur-Sarthe

350

8,9

18

Pornic Agglo Pays de Retz

350

5,2

19

Baugeois Vallée

320

8,6

20

Presqu'île de Guérande Atlantique (Cap Atlantique)

320

4,6

*Données issues du rapport de l’INSEE, « Un décrochage scolaire régional très localisé », « Figure 1 – Part et nombre de décrocheurs de 14 à 24 ans dans les intercommunalités des Pays de la Loire en 2019 », paru en 2023.
**À noter : seuls 20 des 71 communautés étudiés dans le rapport de l’INSEE figurent sur ce tableau. Vous pouvez retrouver l’intégralité du rapport dans la liste de ressources à la fin de cet article.

 

Ces données montrent que le décrochage n’est pas uniquement une question de densité urbaine : il est fortement lié aux fragilités socio-économiques locales et aux dynamiques territoriales spécifiques.

Ainsi, si les grandes métropoles concentrent logiquement le plus grand nombre absolu de décrocheurs en raison de leur poids démographique, comme Nantes arrivant en tête avec 5 110 jeunes concernés mais une part relativement modérée de 4,7 %, les taux les plus élevés se situent ailleurs. Ce sont notamment Saumur en Val de Loire (10,5 %), Sablé-sur-Sarthe (8,9 %), Châteaubriant-Derval (8,8 %), Saint-Nazaire (8,7 %) et Anjou Bleu (8,6 %) qui affichent les proportions les plus fortes. Cela montre que le phénomène ne dépend pas uniquement de la taille des territoires, mais aussi de fragilités locales plus marquées.

Des inégalités sociales qui persistent au long d’une vie

Le décrochage scolaire ne peut être analysé indépendamment des inégalités sociales qui structurent le système éducatif. En 2023, 13 % des 25 - 34 ans en France n’ont pas dépassé le niveau du collège, selon l’INSEE. Ce chiffre souligne qu’une partie non négligeable d’une génération entre dans la vie adulte avec un faible niveau de qualification.

Ces écarts apparaissent également pour l’obtention du baccalauréat. 90 % des jeunes dont le père est cadre ou exerce une profession intermédiaire sont titulaires du bac, contre 69 % lorsque le père est ouvrier ou employé. Ces différences traduisent des inégalités d’accès aux ressources éducatives, à l’accompagnement scolaire et aux projections académiques, qui influencent durablement les trajectoires des élèves et influencent la probabilité de persévérance éducative tout au long leurs vies.

adolescent demotive et en decrochage scolaire assis devant son evaluation en cours

4. Le coût du décrochage scolaire

Au-delà des pourcentages et des comparaisons européennes, le décrochage scolaire représente un coût humain, social et économique considérable pour la France.

Un coût économique massif

Plusieurs études ont tenté d’évaluer l’impact financier du décrochage. Selon des analyses relayées par L’Express, le coût total d’un élève décrocheur pour la collectivité pourrait atteindre 340 000 euros au cours de sa vie, en tenant compte notamment des pertes de recettes fiscales, des dépenses sociales supplémentaires et de la moindre contribution à l’activité économique.

Ce chiffre illustre que le décrochage ne constitue pas seulement un enjeu éducatif : il a des conséquences structurelles pour l’économie nationale. À l’échelle annuelle, avec environ 110 000 jeunes quittant chaque année le système scolaire sans diplôme, l’impact cumulé est significatif.

Un risque accru de précarité et d’exclusion

Les données analysées par le CNESCO et relayées par plusieurs organismes spécialisés montrent que les jeunes sortis sans qualification sont davantage exposés :

  • au chômage de longue durée,
  • à l’inactivité durable,
  • à des trajectoires professionnelles instables.

Le phénomène des NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation) illustre cette fragilité. Les jeunes sans diplôme sont surreprésentés dans cette catégorie, ce qui souligne le lien direct entre niveau de qualification et insertion durable. En 2029, 12,5 % des jeunes de 15 - 29 ans sont sans emploi et sans diplôme, et la part de jeunes NEET montre également un lien fort avec l’âge ; 10,5% des 15-24 ans n’ont pas de diplôme ni d’emlpoi et ce chiffre passe à 17,5% pour les jeunes de 24 - 29 ans.

Un impact social intergénérationnel

Le décrochage scolaire ne se limite pas à l’individu concerné. Il s’inscrit souvent dans des dynamiques sociales plus larges.

Les données sur les inégalités éducatives montrent que les trajectoires scolaires sont fortement corrélées à l’origine sociale. Lorsque la rupture scolaire intervient, elle peut contribuer à reproduire ces inégalités d’une génération à l’autre. Ainsi, le coût du décrochage est multiple :

  • coût économique pour la collectivité,
  • coût social en termes d’exclusion et de précarité,
  • coût humain pour les jeunes concernés.

Ces éléments rappellent que le décrochage scolaire dépasse largement la sphère éducative : il constitue un enjeu central pour la cohésion sociale et le développement du pays.

adolescente devant son ordinateur suivant un cours particuliers en ligne

Que faire face au décrochage scolaire ?

Les données analysées dans cet article montrent que le décrochage scolaire est un phénomène structurel, différencié selon le genre, le territoire et l’origine sociale. Face à cet enjeu, plusieurs leviers complémentaires peuvent être mobilisés afin de lutter contre l'échec scolaire.

1. Repenser les méthodes pédagogiques pour favoriser l’engagement

Les travaux du CNESCO soulignent que le décrochage ne relève pas uniquement du niveau académique, mais aussi du rapport à l’école et du sentiment d’appartenance. En France, en 2015, seuls 40 % des élèves déclaraient un fort sentiment d’appartenance à leur établissement, contre 73 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, et 11 % des élèves de 15 ans en France avaient déclaré avoir volontairement manqué une journée d’école dans les deux semaines précédant l’enquête.

Adapter les pratiques pédagogiques, en clarifiant les objectifs d’apprentissage, en valorisant les progrès et en rendant les élèves davantage acteurs de leurs apprentissages, constitue un levier central pour maintenir l’engagement scolaire, notamment chez les publics les plus exposés au désengagement.

Si vous êtes enseignant, voici quelques moyens de mettre en place de nouvelles pratiques pédagogiques afin de limiter le désengagement et le décrochage scolaire :

  1. Expliciter systématiquement les objectifs et les critères de réussite : Le CNESCO souligne que le manque de compréhension des attentes scolaires alimente le désengagement. Clarifier les objectifs d’apprentissage, expliciter les critères d’évaluation et rendre visibles les progrès permet de réduire le sentiment d’arbitraire et de renforcer le sentiment de compétence, particulièrement chez les élèves fragilisés.
  2. Mettre en place une pédagogie plus active et participative : Les travaux du CNESCO montrent que le sentiment d’appartenance et l’engagement augmentent lorsque l’élève devient acteur de ses apprentissages. Cela peut passer par des projets collectifs, des débats argumentés, des travaux de groupe structurés ou des situations-problèmes favorisant l’implication active plutôt qu’une posture uniquement magistrale.
  3. Renforcer la qualité du climat scolaire et la relation pédagogique : Le baromètre Ecolhuma 2025 met en évidence l’importance du lien éducatif et du sentiment de sécurité. Développer des espaces d’écoute, valoriser la coopération plutôt que la compétition et instaurer un cadre clair et sécurisant contribue à limiter le décrochage comportemental (absentéisme, retrait progressif).
  4. Détecter précocement les signaux faibles de désengagement : Le CNESCO insiste sur l’importance du repérage précoce : retards répétés, baisse d’implication, isolement. Adapter les pratiques implique de mettre en place un suivi individualisé au sein de l’établissement, avec des temps d’échange réguliers et une coordination entre enseignants, vie scolaire et direction.
  5. Travailler la coéducation et le lien école-famille : Les analyses d’Ecolhuma et d’Apprentis d’Auteuil rappellent que l’engagement scolaire est renforcé lorsque la relation école-famille est structurée et constructive. Mettre en place des temps de dialogue réguliers, expliquer les attentes pédagogiques aux familles et associer les parents au parcours de l’élève permet de sécuriser les trajectoires scolaires et de prévenir les ruptures.

De nombreux élèves disposent des compétences nécessaires pour réussir, mais se heurtent à un manque de confiance, de difficultés à comprendre leurs cours ou à l’absence d’un soutien adapté. En tant que professeur particulier, vous avez le pouvoir d’influer concrètement sur leur parcours : redonner confiance, redonner de la motivation, améliorer les résultats et raviver l’envie d’apprendre. Chaque séance peut marquer une étape décisive et chaque encouragement peut renforcer leur progression. Alors, pourquoi ne pas mettre votre expertise au service de leur réussite en devenant professeur particulier ?

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2. Renforcer le lien entre l’école et les familles

Le baromètre 2025 de l’accrochage scolaire publié par Ecolhuma met en évidence un facteur déterminant : la qualité du lien école-famille.

Selon cette enquête, 71 % des enseignants considèrent que la relation entre l’établissement et les familles joue un rôle décisif dans la réussite scolaire. Par ailleurs, le taux de désengagement atteint 31 % dans les établissements à faible indice de position sociale, contre 19,4 % dans les établissements favorisés.

Renforcer la communication, associer davantage les parents au suivi scolaire et créer un dialogue régulier permettent de mieux détecter les signaux faibles et d’accompagner les élèves avant que la rupture ne s’installe.

3. Favoriser la mixité scolaire pour réduire les inégalités

Le baromètre Ecolhuma souligne également l’impact de la concentration sociale sur le risque de décrochage. Lorsque les établissements accueillent majoritairement des élèves issus de milieux défavorisés, les fragilités tendent à se cumuler.

La mixité scolaire apparaît ainsi comme un enjeu structurant. Elle contribue à limiter les effets de concentration des difficultés académiques et sociales, et à créer un environnement d’apprentissage plus équilibré.

Réduire les écarts entre établissements ne relève pas uniquement d’une question d’organisation territoriale : c’est aussi un levier pour diminuer les inégalités de trajectoires éducatives observées dans les statistiques nationales.

une jeune fille et sa mere heureuses et fieres de resultats scolaire grace aux cours particuliers

4. Développer l’accompagnement individualisé et le soutien scolaire

Enfin, le décrochage étant un processus progressif, l’intervention personnalisée joue un rôle déterminant. Les données montrent qu’en 2025, 21 % des lycéens présentaient un risque élevé de décrochage, d’après Ecolhuma. Intervenir à ce stade permet d’agir avant la rupture.

Une étude menée sur la motivation scolaire par VosCours en janvier 2026 auprès des familles utilisant la plateforme met en évidence les bénéfices perçus par les parents du soutien scolaire :

  • 11,3 % des parents estiment que les cours permettent de combler les lacunes,
  • 10 % observent une amélioration des notes,
  • 8,3 % y voient un levier pour réussir un examen,
  • 11,3 % constatent un renforcement de la confiance en soi,
  • 10,7 % soulignent une meilleure adaptation au rythme d’apprentissage,
  • 5 % observent une diminution du stress.

Ces résultats confirment que l’accompagnement personnalisé, que ce soit sous forme de cours particuliers en ligne ou à domicile, agit à la fois sur les acquis académiques et sur la motivation, deux dimensions centrales dans la prévention du décrochage scolaire.

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Sources

Sources officielles et institutionnelles

🔗 INSEE – Sorties précoces du système éducatif (18–24 ans)

🔗 INSEE – Un décrochage scolaire régional très localisé

🔗 INSEE - À 24-25 ans, la situation des jeunes reste liée à leurs résultats au collège et à leur origine sociale

🔗 Académie de Normandie – Lutte contre le décrochage scolaire

🔗 Académie de Normandie – Persévérance et lutte contre le décrochage scolaire

🔗 CNESCO – Fiche thématique : Décrochage scolaire (2025)

🔗 Ministère de l’Enseignement supérieur – Le niveau d’études selon le milieu social

🔗 Service Public – Obligation scolaire et cadre légal

Études, rapports et analyses spécialisées

🔗 Ecolhuma – Baromètre de l’accrochage scolaire 2025

🔗 HAL – Recherche académique sur le décrochage scolaire

🔗 Break Poverty – Étude sur le décrochage scolaire

🔗 Réussir Estrie – Données sur les coûts et impacts économiques du décrochage

🔗 CIDJ – Les décrocheurs deviennent-ils tous des NEET ?

Articles de presse et plaidoyers

🔗 Apprentis d’Auteuil – Le décrochage scolaire : un coût humain et social sous-estimé

🔗 L’Express – 340 000 euros par élève : les coûts cachés du décrochage scolaire