FRANCE, LYON, 2 NOVEMBRE 2026

Futur de l'éducation : GoStudent publie un rapport européen inédit qui révèle les fragilités de l'école française

  • 72 % des enseignants français constatent une dégradation de la concentration de leurs élèves depuis cinq ans, contre 52 % au Royaume-Uni et 46 % en Italie.

  • Seuls 36 % des enseignants français ont reçu une formation formelle à l'intelligence artificielle, contre 74 % en Espagne et 68 % au Royaume-Uni.

  • 61 % des parents français estiment que l'école ne prépare pas suffisamment leurs enfants à la vie après les études, contre 34 % au Royaume-Uni.


Alors que l'école française traverse une période de fortes tensions, marquée par la mobilisation des lycéens et des étudiants autour de leurs conditions d'études et du manque de moyens, la question de l'avenir du système éducatif s'impose plus que jamais dans le débat public. C'est dans ce contexte que GoStudent dévoile son étude sur l'Éducation du Futur 2026, réalisée auprès de 3 001 familles et 300 enseignants dans six pays européens. Certains constats interrogent la capacité de l'école française à répondre aux défis d'aujourd'hui et de demain.


Concentration : près de trois quarts des enseignants français constatent une dégradation


La capacité des élèves à rester attentifs en classe apparaît comme l'un des grands défis auxquels sont confrontés les enseignants français. Selon le rapport GoStudent, 72 % des professeurs interrogés en France estiment que la concentration de leurs élèves s'est dégradée au cours des cinq dernières années. Parmi eux, 50 % évoquent une détérioration importante et 22 % une dégradation plus modérée.


Ce constat place la France en tête des six pays européens étudiés, ex æquo avec l’Allemagne (72 %), devant l’Espagne (70 %) et l’Autriche (68 %). L’écart est particulièrement marqué avec le Royaume-Uni (52 %) et l’Italie (46 %), où les enseignants sont nettement moins nombreux à faire état de cette dégradation.


Les difficultés de concentration s'inscrivent dans un contexte de multiplication des usages numériques et d'évolution des habitudes quotidiennes des enfants. À l'échelle des six pays étudiés, 56 % des parents français considèrent que leur enfant passe trop de temps devant les écrans. Parmi les conséquences les plus fréquemment évoquées figurent la diminution de l'activité physique et du temps passé à l'extérieur (29 %), ainsi que la réduction de la capacité d'attention (23 %).


Préparation à la vie future : les parents français parmi les plus sceptiques d'Europe


Au-delà des apprentissages scolaires, les familles s'interrogent sur la capacité de l'école à donner aux enfants les outils nécessaires pour évoluer dans la société de demain.


En France, seuls 39 % des parents estiment que l'école prépare suffisamment leurs enfants à la vie après leurs études, contre 45 % en moyenne dans les six pays étudiés. La France se distingue une nouvelle fois par un résultat peu favorable, se classant avant-dernière des six pays européens étudiés, juste devant l’Autriche (36 %). Viennent ensuite l’Italie (41 %), l’Espagne (44 %) et l’Allemagne (47 %). À l’opposé, le Royaume-Uni affiche un niveau de confiance nettement supérieur : 66 % des parents britanniques estiment que l’école prépare suffisamment leurs enfants à la vie future, soit 27 points de plus qu’en France.


Cette évolution interroge également les méthodes d'évaluation. À l'échelle européenne, 48 % des enseignants français placent les examens écrits chronométrés parmi les formes d'évaluation les plus efficaces, devant les projets réalisés sur plusieurs semaines (46 %) et les présentations orales et les débats (38 %). La moitié (50%) estiment d'ailleurs que les examens traditionnels devraient être complétés par d'autres formats.


IA : la France à la traine pour la formation de ses enseignants


L'intelligence artificielle constitue l'un des nouveaux défis auxquels le système éducatif doit répondre. Mais si les outils se diffusent rapidement dans les pratiques scolaires, leur appropriation par les enseignants reste très inégale selon les pays.


En France, seuls 36 % des enseignants interrogés déclarent avoir reçu une formation formelle à l'intelligence artificielle, soit la proportion la plus faible des six pays étudiés. La différence avec les autres pays européens est particulièrement importante : 74 % des enseignants espagnols déclarent avoir été formés, contre 68 % au Royaume-Uni et 62 % en Allemagne, en Italie et en Autriche. Les enseignants espagnols sont ainsi deux fois plus nombreux que leurs homologues français à déclarer avoir bénéficié d'une formation à l'IA.


Ce décalage intervient alors que l'intelligence artificielle est déjà largement utilisée dans le monde éducatif. À l'échelle des six pays, 74 % des enseignants français y ont recours dans leur activité professionnelle, principalement pour créer des supports pédagogiques (44 %), effectuer des tâches administratives (28 %) ou préparer leurs cours (26 %).


Les élèves se sont eux aussi appropriés ces technologies, parfois au détriment du travail personnel. Parmi les enfants français utilisant l'IA pour leurs devoirs, 69 % reconnaissent avoir déjà présenté un contenu généré par ces outils comme leur propre travail.


Cette évolution soulève des interrogations sur l'autonomie des élèves. Plus de deux enseignants français sur trois (70 %) doute que la majorité de ses élèves puisse rédiger une dissertation complète sans l'aide de l'intelligence artificielle, tandis que 64 % expriment des réserves sur leur capacité à résumer seuls un texte ou des notes de cours.


« L'école doit aujourd'hui relever plusieurs défis simultanément : préserver la capacité de concentration des élèves, leur transmettre les compétences nécessaires pour construire leur avenir et les accompagner dans l'utilisation de nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle. Ces transformations ne peuvent pas reposer uniquement sur les initiatives individuelles des enseignants. Elles nécessitent une réflexion plus large sur les moyens, les formations et les méthodes pédagogiques. L'enjeu est de permettre aux élèves de tirer parti des évolutions technologiques tout en développant leur autonomie, leur esprit critique et leur capacité à réfléchir par eux-mêmes. » - Felix Ohswald, CEO de GoStudent.